[Lettre ouverte] Transition énergétique : planifier mieux et consommer moins pour protéger le territoire
- David Roy

- il y a 13 heures
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Alors qu’a lieu cette semaine à Montréal la conférence internationale de l’Agence internationale de l'énergie (AIE) sur l’efficacité énergétique, il est important de rappeler que l’énergie qui a le moins d’impact sur le territoire est celle qui n’est pas produite. Cela nous invite à questionner nos besoins et à revoir la manière dont nous planifions les projets qui voient le jour.

À un moment où la transition énergétique s’accélère partout dans le monde, y compris au Québec, il est important de reconnaître le double défi auquel nous faisons face : réussir la transition tout en assurant la protection des territoires, des écosystèmes et des communautés.
Oui, nous devons sortir des énergies fossiles. La transition énergétique vers une production d’énergie propre est essentielle et nécessitera inévitablement de nouveaux projets et de nouvelles infrastructures énergétiques. Par contre, la réduction de la demande énergétique demeure le moyen le plus efficace de limiter les pressions exercées sur les territoires et les écosystèmes.
Produire de l’énergie implique souvent la construction de routes, d’infrastructures et de lignes de transport. Ces aménagements transforment concrètement les territoires et les communautés, qu’ils soient agricoles, forestiers ou urbains.
Les projets fragmentent les paysages et empiètent sur les milieux de vie, les milieux naturels, les rivières ainsi que les terres agricoles et les forêts privées. Ils ont un impact direct sur la biodiversité, la connectivité et la résilience des écosystèmes du Québec, ainsi que sur la santé et la qualité de vie des communautés.
La transition énergétique ne peut pas reposer uniquement sur l’ajout de nouvelles infrastructures.
Il est donc critique, pour les gouvernements, les municipalités et les acteurs du territoire, de privilégier des approches qui réduisent les impacts à la source, notamment par une meilleure maîtrise de la demande énergétique. Moins on consomme et moins on produit, moins on exerce de pression sur les différents usages du territoire québécois.
Dans ce contexte, pour les projets qui doivent tout de même voir le jour, une planification territoriale intégrée doit être priorisée afin de réduire au maximum les impacts et favoriser une cohabitation harmonieuse. Plus largement, des cibles claires de réduction de l'artificialisation des sols devraient être prévues dans les schémas d’aménagement et de développement.
Alors que les projets se multiplient et où les usages du territoire se superposent, il devient essentiel de mieux prendre en compte, en amont, les impacts cumulés sur les milieux de vie, les forêts, les terres agricoles et la biodiversité.
Ensemble, la réduction de la demande énergétique et une meilleure planification des projets permettent de réduire la pression sur les territoires, en limitant la fragmentation des milieux naturels, forestiers et agricoles, ainsi que les impacts sur la biodiversité et les communautés du Québec. Ces éléments doivent nécessairement faire partie de l’équation.
Signataires:
David Roy, président et directeur général, Ateliers pour la biodiversité
Martin Caron, président de l’Union des producteurs agricoles
Rénald Bernier, président de Groupements forestiers Québec
Nathalie Prud’homme, présidente, Ordre des urbanistes du Québec
Cyril Frazao, directeur Santé et Climat, Association pour la santé publique du Québec
André Bélanger, directeur général, Fondation Rivières
Martin Vaillancourt, directeur général, Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ)
Samuel Pagé-Plouffe, directeur des affaires publiques et gouvernementales, Vivre en Ville



