

Biodiversité : comprendre les enjeux et agir pour la nature
Qu’est-ce que la biodiversité ?
La biodiversité désigne la diversité du vivant sous toutes ses formes : les écosystèmes qui composent nos territoires, les espèces qui les habitent et la diversité génétique qui permet aux populations de s’adapter aux changements.
Souvent réduite aux enjeux de conservation des espèces ou de protection des milieux naturels, la biodiversité joue pourtant un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes et dans le maintien des conditions qui soutiennent les sociétés humaines. Elle contribue notamment à l’alimentation, à la qualité de l’eau, à la régulation du climat, à la santé humaine et à de nombreuses activités économiques.
Les organisations et les collectivités dépendent de la nature, tout en exerçant une influence importante sur son état. Comprendre ces interdépendances, et les intégrer dans les décisions publiques, économiques et sociales, est devenu essentiel pour favoriser des modèles plus résilients et compatibles avec les limites écologiques.
contributions de la nature et services écosystémiques
L’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) utilise le concept de « contributions de la nature aux populations » pour décrire les multiples façons dont les écosystèmes soutiennent les sociétés humaines.
Ces contributions comprennent notamment :
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Les contributions matérielles : ressources alimentaires, eau, bois et autres ressources issues de la nature;
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Les contributions de régulation : régulation du climat, pollinisation, qualité de l’air et de l’eau, protection contre certains aléas naturels;
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Les contributions non matérielles : dimensions culturelles, spirituelles, identitaires et relationnelles associées aux territoires.
Le terme « services écosystémiques » est également largement utilisé pour désigner ces bénéfices fournis par les écosystèmes.
Les trois dimensions de la biodiversité
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La diversité des écosystèmes : Forêts, milieux humides, cours d’eau, océans, terres agricoles et espaces urbains : chaque écosystème possède ses propres caractéristiques, interactions et fonctions écologiques.
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La diversité des espèces : Plantes, animaux, champignons et microorganismes : la diversité des espèces contribue au fonctionnement des écosystèmes à travers des interactions complexes, souvent invisibles mais essentielles.
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La diversité génétique : Au sein d’une même espèce, la diversité génétique influence la capacité des populations à s’adapter aux changements environnementaux, climatiques ou autres pressions.
Pourquoi la biodiversité décline
Le déclin de la biodiversité résulte de plusieurs pressions qui se renforcent mutuellement. Selon l’IPBES, cinq facteurs directs expliquent l’essentiel des changements observés à l’échelle mondiale :
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Les changements d’utilisation des terres et des mers : conversion des milieux naturels, urbanisation, fragmentation des habitats, déforestation et intensification de certaines pratiques agricoles;
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L’exploitation directe des espèces : prélèvements non durables liés notamment à la pêche, à la chasse ou à certaines activités de récolte;
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Les changements climatiques : modification des conditions écologiques, perturbation des cycles naturels et augmentation des événements extrêmes;
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La pollution : contamination des sols, de l’eau et de l’air, ainsi que les effets de certaines substances sur les organismes et les écosystèmes;
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Les espèces exotiques envahissantes : introduction et propagation d’espèces pouvant perturber les équilibres écologiques existants.
Ces pressions ne sont pas indépendantes : elles interagissent et peuvent amplifier leurs effets sur les écosystèmes. Elles s’inscrivent également dans des facteurs plus profonds liés à nos modèles économiques, nos systèmes de gouvernance, nos modes de production et de consommation, ainsi qu’aux valeurs qui orientent nos décisions collectives.
Répondre au déclin de la biodiversité nécessite donc d’aller au-delà de la protection d’espèces ou de sites isolés. Il faut également agir sur les facteurs qui génèrent ces pressions, en transformant les pratiques organisationnelles, les politiques publiques et les modèles économiques qui façonnent nos relations avec la nature.
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Les cadres qui orientent l’action internationale
La compréhension actuelle de la biodiversité repose sur plusieurs sources de connaissances complémentaires. Les données scientifiques constituent une base essentielle, mais elles s’enrichissent également des savoirs autochtones et locaux, qui apportent des perspectives importantes sur les relations entre les communautés, les territoires et le vivant.
La reconnaissance de cette complémentarité des connaissances contribue à mieux comprendre les changements en cours et à développer des réponses adaptées aux différents contextes écologiques, culturels et territoriaux.
L’IPBES joue un rôle comparable à celui du GIEC pour les changements climatiques. Elle rassemble et synthétise les connaissances disponibles sur l’état de la biodiversité, les causes de son déclin et les transformations nécessaires pour préserver les systèmes dont dépendent les sociétés humaines.
La Convention sur la diversité biologique (CDB) constitue le principal cadre international de coopération en matière de biodiversité. Elle poursuit trois objectifs fondamentaux : la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses composantes et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques.
Adopté en 2022 lors de la COP15 de Montréal, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal établit une feuille de route internationale visant à mettre la biodiversité sur une trajectoire de rétablissement d’ici 2030. Il reconnaît notamment l’importance de la contribution des peuples autochtones et des communautés locales dans la conservation et la gestion durable de la biodiversité.
▶ Consultez nos recherches et analyses sur les grands enjeux de biodiversité
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Un changement transformateur, au-delà des actions ponctuelles
La protection et la restauration de la nature sont essentielles pour répondre au déclin de la biodiversité. Toutefois, l’ampleur des changements observés exige d’aller au-delà d’actions isolées et d’agir sur les causes profondes qui façonnent notre relation avec le vivant.
L’IPBES définit le changement transformateur comme une évolution profonde et durable des systèmes qui influencent nos sociétés, notamment nos façons de produire, de consommer, d’investir et de prendre des décisions. Cette transformation vise à mieux reconnaître les dépendances de nos sociétés envers la nature et à intégrer les limites écologiques dans nos choix collectifs.
Selon l’IPBES, le changement transformateur repose sur cinq stratégies complémentaires :
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Conserver et régénérer les lieux de valeur pour la nature et les populations
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Transformer les secteurs responsables du déclin de la biodiversité
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Faire évoluer les systèmes économiques pour soutenir la nature et l’équité
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Transformer les systèmes de gouvernance pour les rendre intégrés, inclusifs et adaptatifs
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Faire évoluer les valeurs sociétales pour reconnaître les liens entre les humains et la nature
Économie et gouvernance : intégrer la biodiversité pour une économie positive pour la nature
La biodiversité n’est pas uniquement un enjeu environnemental : elle constitue également un enjeu économique majeur. Les entreprises, les chaînes d’approvisionnement et les marchés financiers dépendent directement ou indirectement des écosystèmes et des ressources naturelles.
Répondre au déclin de la biodiversité implique donc de revoir certains modèles économiques, afin d’intégrer les limites écologiques, les dépendances envers la nature et les impacts des activités humaines dans les décisions économiques.
Cette transformation suppose notamment de :
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mieux reconnaître la valeur des contributions de la nature dans les décisions économiques;
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intégrer les impacts et les dépendances liés à la biodiversité dans les stratégies organisationnelles;
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favoriser des modèles d’affaires compatibles avec la conservation et la restauration des écosystèmes;
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réorienter les investissements et les flux financiers vers des activités favorables à la nature.
▶ Découvrez le rapport Vers une économie québécoise en harmonie avec la nature
▶ Dans notre rapport Vers une économie québécoise en harmonie avec la nature, Ateliers pour la biodiversité, en collaboration avec le CRABE, explore les conditions nécessaires pour accélérer cette transition au Québec, en collaboration avec différents acteurs économiques, institutionnels et de la société civile.
Éducation et valeurs : transformer notre relation avec lE VIVANT
Un changement transformateur ne peut se réaliser sans une évolution des connaissances, des valeurs et des capacités d’action au sein de la société. Comprendre les enjeux liés à la biodiversité constitue une première étape, mais il est également nécessaire de développer une véritable culture de la biodiversité permettant d’intégrer ces considérations dans les décisions individuelles et collectives.
Cette culture repose sur une meilleure compréhension des liens entre les activités humaines, les écosystèmes et les contributions de la nature aux populations, ainsi que sur la capacité des différents acteurs à reconnaître leurs dépendances envers le vivant et à identifier leurs leviers d’action.
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▶ Explorez le programme Nature Études : un programme offert aux écoles secondaires pour intégrer les enjeux de biodiversité dans les parcours éducatifs.
▶ Consultez la consultation jeunesse sur la biodiversité : une démarche visant à mieux comprendre les perspectives et priorités des jeunes du Québec sur cet enjeu.
Des responsabilités partagées par tous les acteurs
La biodiversité concerne l’ensemble de la société, mais les responsabilités et les capacités d’action diffèrent selon les acteurs. Citoyens, jeunes, entreprises, investisseurs, municipalités, gouvernements, peuples autochtones et communautés scientifiques disposent chacun de leviers spécifiques pour contribuer à la transition.
La collaboration entre ces groupes est essentielle pour développer des solutions cohérentes, adaptées aux réalités des territoires et fondées sur le partage des connaissances. Les espaces de dialogue, les communautés de pratique et les initiatives collectives permettent de renforcer les capacités d’action et d’accélérer les changements nécessaires.
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Entreprises : intégrer la biodiversité dans les stratégies et décisions
Toutes les organisations entretiennent une relation avec la nature, que ce soit à travers leurs chaînes d’approvisionnement, leurs opérations, l’utilisation de ressources naturelles ou leurs interactions avec les territoires.
L’intégration de la biodiversité dans les stratégies d’affaires permet notamment de :
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mieux comprendre ses impacts et ses dépendances envers la nature;
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identifier les risques physiques, réglementaires et réputationnels associés au déclin de la biodiversité;
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repérer les occasions d’innovation et de création de valeur liées à des pratiques plus compatibles avec les limites écologiques;
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aligner les stratégies organisationnelles avec les objectifs du Cadre mondial de la biodiversité, notamment les cibles 14 et 15.
Pour les entreprises, l’enjeu n’est donc plus uniquement de réduire leurs impacts environnementaux, mais également de comprendre comment leurs décisions peuvent contribuer à préserver et restaurer les systèmes naturels dont elles dépendent.
▶ Découvrez notre atelier Entreprises et biodiversité
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Finance : orienter les capitaux vers une économie compatible avec la nature
Les décisions d’investissement et de financement influencent directement les pressions exercées sur les écosystèmes. Elles peuvent contribuer au maintien de modèles qui dégradent la nature ou, au contraire, soutenir des activités favorables à sa conservation et à sa restauration.
Les acteurs financiers ont ainsi un rôle clé à jouer dans la transition vers une économie compatible avec la biodiversité. Cela nécessite notamment de mieux comprendre les dépendances des secteurs économiques envers la nature, d’intégrer les risques liés à la biodiversité dans les décisions financières et de favoriser la mobilisation de capitaux vers des solutions positives pour la nature.
▶ Découvrez notre atelier Entreprises et biodiversité
▶ Découvrez le rapport Intégration de la biodiversité dans les pratiques financières et d’affaires au Québec
Municipalités : intégrer la biodiversité dans l’aménagement des territoires
Les décisions prises à l’échelle municipale ont une influence directe sur l’état de la biodiversité. L’aménagement du territoire, la planification urbaine, la protection des milieux naturels et la gestion des infrastructures sont autant de domaines où les municipalités peuvent agir concrètement.
Au-delà de la conservation de certains espaces naturels, l’intégration de la biodiversité dans la planification municipale permet de renforcer la résilience des territoires face aux changements climatiques, de préserver des fonctions écologiques essentielles et d’améliorer la qualité de vie des communautés.
▶ Découvrez notre atelier Le rôle de la biodiversité pour les municipalités
▶ Découvrez le rapport Municipalités et protection de la biodiversité : quels sont les leviers et les freins à la mise en place d’actions en faveur de la biodiversité pour les municipalités du Québec ?
Gouvernements : créer les conditions favorables à la transition
Les gouvernements jouent un rôle structurant dans l’atteinte des objectifs de biodiversité. Par leurs cadres réglementaires, leurs politiques publiques, leurs mécanismes de financement et leurs orientations stratégiques, ils influencent les conditions dans lesquelles évoluent les autres acteurs de la société.
La cohérence entre les politiques environnementales, économiques, agricoles, territoriales et industrielles sera déterminante pour atteindre les objectifs du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et du Plan Nature 2030 du Québec.
▶ Consultez nos analyses et publications sur les politiques publiques
Citoyens : agir au quotidien pour la biodiversité
La biodiversité n’est pas seulement un enjeu qui concerne les organisations ou les gouvernements. Les choix individuels, les habitudes de consommation, la relation aux territoires et la participation à la vie collective influencent également l’état du vivant.
Agir en faveur de la biodiversité, c’est notamment mieux comprendre les liens entre nos modes de vie et les écosystèmes, soutenir des pratiques favorables à la nature et participer aux initiatives locales qui contribuent à sa protection et sa restauration.
Les citoyens jouent aussi un rôle essentiel dans la transformation collective, en faisant évoluer les valeurs, les priorités sociales et les décisions prises par les organisations et les gouvernements.
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Passer à l’action
La transition vers une société qui intègre pleinement la biodiversité repose sur trois dimensions complémentaires : mieux comprendre les enjeux, développer une culture commune du vivant et intégrer ces connaissances dans les décisions.
Au Québec, cette transition mobilise un large éventail d’acteurs : organismes de conservation, organisations scientifiques, réseaux de milieux naturels, associations professionnelles, acteurs sectoriels, institutions publiques et initiatives citoyennes.
Des organisations comme Nature Québec, SNAP Québec, le RNCREQ, la Fondation David Suzuki, Regroupement des organismes de conservation du Québec (ROCQ), Conservation de la nature Canada, Canards Illimités Canada, Biodiversité Québec, Centre de la science de la biodiversité du Québec (CSBQ), Centre de recherche appliquée sur la biodiversité et les écosystèmes (CRABE), Association des biologistes du Québec, Réseau Environnement et Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) contribuent à faire progresser les connaissances, la conservation et la restauration de la biodiversité.
Cette mobilisation s’étend également à des acteurs sectoriels et spécialisés qui contribuent à intégrer davantage la biodiversité dans les pratiques professionnelles, économiques et institutionnelles, notamment le Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL), le Conseil patronal de l’environnement du Québec, le Bureau de normalisation du Québec, le Fonds d’action québécois pour le développement durable, l'Union des producteurs agricoles, Groupements forestiers Québec et l'Union des municipalités du Québec.
La collaboration entre ces différents acteurs permet de développer de nouvelles approches, outils, normes et mécanismes d’accompagnement, tout en renforçant les capacités d’action et en accélérant les changements nécessaires.
Ateliers pour la biodiversité contribue à cette mobilisation en créant des espaces d’apprentissage, de dialogue et de collaboration afin d’accélérer l’intégration de la biodiversité dans les décisions des organisations et de la société québécoise.
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